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Courir à Paris
Courir à Paris : où aller, à quelle heure, et quelles courses viser
Paris n'a pas la réputation d'une ville de coureurs, et pourtant on y court partout, à toute heure. Deux bois, des kilomètres de berges, une ancienne voie ferrée plantée et des parcs vallonnés : voici comment s'y retrouver.

Les deux bois, poumons des coureurs
À l'est, le bois de Vincennes couvre près de 995 hectares. C'est le plus grand espace vert de Paris, avec quatre lacs, des allées forestières, des chemins stabilisés et de longues routes fermées à la circulation certains jours. On y trouve tous les terrains : du plat pour les sorties tranquilles, des sous-bois pour reposer les articulations, quelques talus pour travailler la foulée. Il mérite une page à lui seul : voir courir au bois de Vincennes.
À l'ouest, le bois de Boulogne (environ 846 hectares) offre le même genre de terrain, avec le tour des lacs inférieur et supérieur, les allées cavalières et les abords de Longchamp. Les deux bois restent ouverts la nuit, mais l'éclairage y est rare : on y court plutôt de jour, et en groupe dès que la lumière baisse.
La Coulée verte et les canaux
La Coulée verte René-Dumont suit le tracé de l'ancienne ligne de chemin de fer de Vincennes, de la Bastille jusqu'aux abords du bois. Elle court d'abord en hauteur, au-dessus du viaduc des Arts, puis descend au niveau de la rue entre jardins et tranchées. Environ 4,5 km dans un sens : de quoi faire un aller-retour d'une heure à allure tranquille. Aux heures de promenade, les passages étroits obligent à ralentir ; tôt le matin, elle est presque à vous.

Plus au nord, le canal Saint-Martin relie le port de l'Arsenal au bassin de la Villette. Il se prolonge par le canal de l'Ourcq, dont le chemin de halage file vers Pantin et bien au-delà. C'est l'un des rares endroits de Paris où l'on peut courir dix kilomètres en ligne droite, sans feu rouge, sur un sol parfaitement plat : idéal pour les séances d'allure régulière.

Les quais de Seine
Rive droite, une partie de la voie Georges-Pompidou est devenue un parc piéton. Rive gauche, les berges entre le musée d'Orsay et le pont de l'Alma sont réservées aux piétons et aux cyclistes depuis 2013. En reliant ces portions par les ponts, on compose des boucles de 5 à 12 km au cœur de la ville. Le pavé et les pentes d'accès aux berges demandent un peu d'attention, surtout par temps de pluie.
Les parcs vallonnés pour le travail en côte
Le parc des Buttes-Chaumont (19e) est la salle de musculation naturelle des coureurs parisiens : 25 hectares de pentes, un lac, un temple perché sur un rocher et des allées qui montent sans répit. Quelques tours suffisent pour sentir ses cuisses. Le parc Montsouris (14e), plus doux, se prête aux fractionnés courts sur ses allées ombragées.

Ces parcs ferment la nuit. Ils ouvrent en général tôt le matin, vers 7 h ou 8 h, et ferment le soir à une heure qui varie avec la saison : le panneau de l'entrée fait foi.
Choisir son heure
- Avant 8 h : les quais, la Coulée verte et les canaux sont calmes, l'air est plus frais en été.
- Midi : les bois et les grands parcs, pour ceux qui travaillent à proximité.
- Le soir : privilégier les itinéraires éclairés (quais, canaux) et porter un vêtement visible.
- Le dimanche matin : certaines routes des bois sont fermées aux voitures, ce qui ouvre de belles boucles.
En été, les épisodes de forte chaleur et de pollution sont fréquents : on décale la sortie au petit matin, on raccourcit, et on emporte de l'eau.
Les grandes courses de l'année
Paris accueille plusieurs courses très suivies, qui rythment la saison des coureurs franciliens. Ce carnet n'en organise aucune et ne vend aucun dossard : les dates et les conditions se vérifient auprès de chaque organisateur.
- Le semi-marathon, au début du mois de mars, souvent associé à l'est parisien et au bois de Vincennes. Une bonne étape de printemps pour qui prépare un marathon.
- Le marathon de Paris, en avril : départ sur les Champs-Élysées, passage par les deux bois et le long de la Seine. Il réunit chaque année plusieurs dizaines de milliers de coureurs. Pour s'y préparer, voir préparer son premier marathon.
- Paris-Versailles, à la fin du mois de septembre : une quinzaine de kilomètres et une côte célèbre dans les bois de Meudon.
- Les 20 km de Paris, en octobre, autour de la tour Eiffel et dans le bois de Boulogne.
- Toute l'année, des courses de quartier de 5 ou 10 km, souvent organisées par des associations d'arrondissement : la meilleure façon de découvrir le dossard sans pression.

Après la sortie
Courir en ville fatigue autrement : le bitume, les relances aux feux, les escaliers du métro au retour. Après une sortie longue, on prend le temps de boire, de manger un vrai repas et de dormir. Les gestes qui comptent sont détaillés dans récupérer après l'effort, avec une partie consacrée au coureur parisien.


